Vous connaissez l’agriculture urbaine ?

Jardins partagés, serres verticales, murs végétaux, aquaponie, potager sur les toits… Il en existe pour tous les goûts !

  

Une définition a été formulée par les agronomes Paule Moustier (membre du CIRAD) et Alain Mbaye (membre de l’ISRA) : “Est urbaine, l’agriculture située dans la ville ou sa périphérie dont les produits sont majoritairement destinés à la ville et pour laquelle il existe une alternative entre usage agricole et non agricole des ressources.”

L’agriculture urbaine est parfois nommée au pluriel. Effectivement, cultiver en ville relève de différentes techniques et pratiques, ainsi que de différents supports de production, de modèles économiques et d’acteurs.

Lorsque l’on parle d’agriculture urbaine, il s’agit d’exploiter de nouveaux espaces tels que les toits, balcons et aujourd’hui de nouveaux lieux insolites comme des parking ou conteneurs. Les serres se développent également de plus en plus en ville. Elles sont souvent connectées. Les murs protègent donc les plantes des agressions extérieures (froid, pollution…) et toute la serre s’autogère avec la récolte de données par caméra et capteurs. Les serres sont principalement en culture hors sol de type hydroponie ou aquaponie. Aujourd’hui les entrepreneurs se lancent dans l’aventure en proposant des installations toujours plus innovantes. Pour les pratiques plus proche de la terre et de la nature, on trouve en ville ce que l’on appelle les jardins partagés. Il s’agit de jardins conçus, construits et cultivés collectivement par les habitants d’un quartier, village ou communauté.

Environ 800 millions de personnes cultivent en ville dans le monde d’après le Programme des Nations Unies pour le développement en 2012. La grande majorité se concentre encore dans les métropoles africaines, asiatiques et latino-américaines.

Une chose est sûre, l’agriculture urbaine n’est pas vue comme une concurrence à l’agriculture rurale, bien au contraire. Il s’agit pour les agriculteurs, consommateurs, citadins, ruraux d’une complémentarité et même d’un moyen de sensibiliser les urbains à un mode de consommation plus local.

Du coup on peut se demander à quoi sert réellement l’agriculture urbaine?

Elle peut servir dans un premier temps à l’alimentation, notamment dans les pays du Sud où le manque de nourriture se fait sentir et où elle apparaît comme la solution pour subvenir aux besoins de la ville. Les producteurs urbains peuvent soit consommer leur production et ainsi dépenser moins auprès d’autres moyens de distribution ou vendre ce qu’ils ont produit. Elle a donc une valeur économique indéniable et notamment car l’on constate qu’elle est source de création d’emplois et de réinsertion sociale. Dans les années 70, les jardins partagés s’installent dans les villes occidentales et apportent de nouvelles dimensions à l’agriculture urbaine : environnementales, sociales, et culturelles. L’agriculture urbaine a après les crises financières et écologiques pour objectif de créer du lien social dans un milieu chamboulé et accéléré mais il s’est avéré que de plus en plus de personnes y ont découvert un véritable goût pour la terre, la nature et une satisfaction de produire localement donc d’être plus respectueuse de la nature (pas de transport, pas de CO2). L’agriculture urbaine va donc au-delà de la simple production avec une diversification des services. Elle s’est par exemple trouvé un rôle très intéressant dans l’éducation instaurant chez l’enfant le goût pour la faune et la flore et pour l’envie de connaître la provenance de son alimentation. Nous ne nierons pas non plus, les valeurs telles que le partage et les rencontres suscitées par les jardins partagés par exemple.

L’agriculture urbaine semble donc être une source de valeurs indéniables, prônant les circuits courts et la consommation locale.

 

Vous aussi, participez au mouvement de l’agriculture urbainehttps://www.yeswegreen.org/?post_type=experiences&s=&author=&term=Nature&meta_value=

 


Sources :

Antoine Lagneau (2015), Agriculture urbaine, vers une réconciliation ville-nature , Le passager clandestin.
Sylvia Perez Vitoria (2015), L’agriculture urbaine, alternative agricole ou alternative urbaine ?, Revue ethnologie, 8, 2015
Marie-Monique Robin & Matthieu Ricard (2014), Sacré Croissance ! , La Découverte
Olivier Mora (2008), Les nouvelles ruralités à l’horizon 2030, Editions Qae
Cyril Dion (2015) Demain, un nouveau monde en marche, Actes Sud

SITOGRAPHIE
http://agricultureurbaine-idf.fr/
http://agriculture.gouv.fr/paris-culteurs-le-projet-pour-une-agriculture-urbaine-en-capitale
https://reporterre.net/L-agriculture-urbaine-se-developpe-a-Paris
https://maisonagricultureurbaine.com/l-agriculture-urbaine/les-bons-conseils/lagriculture-urbaine-professionnelle/
http://consocollaborative.com/article/avec-lagriculture-verticale-on-peut-faire-pousser-400-salades-par-an-sur-un-petit-balcon/
http://www.paris.fr/services-et-infos-pratiques/environnement-et-espaces-verts/nature-et-espaces-verts/les-jardins-partages-203#comment-creer-un-jardin-partage_7
https://www-cairn-info.proxy.bu.dauphine.fr/revue-espaces-et-societes-2014-3-page-119.htm